Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:35

                                                                                Lundi 22 septembre 2008

Le voyage de Benoît XVI en France n’a pas laissé indifférent. L’éditorial du Monde, la veille de son arrivée, titrait : « Un Pape chez les laïques » et concluait : « Les religions ont leur place dans la société. Mais, la République est neutre ». Jean Daniel titre son éditorial du Nouvel Observateur : « La laïcité selon Benoît XVI » et il rappelle : « Les Français se sont donné une société laïque marquée par le respect de toutes les religions, de toutes les opinions, mais aussi par la séparation des Eglises et de l’Etat… Née pour contenir l’influence de l’Eglise catholique, la laïcité à la française est devenue une liberté de toutes les autres… Cela dit, que le besoin de croire soit à l’origine du chaleureux accueil fait à Benoît XVI, cela parait évident… Il n’y aurait pas une « raison politique » qui s’opposerait à la fois religieuse car « la raison est dans la nature de Dieu » et c’est donc par elle que l’on va trouver la foi et la vérité » .De son côté, Claude Imbert dans son éditorial du Point « Foi et raison » écrit : « La France, jadis fille aînée de l’Eglise, est devenue fille aînée de la laïcité et fille cadette de l’Islam européen… Il (le Pape) place le questionnement divin non plus au dessus, mais parmi les apanages mêmes de la raison. Il quitte la négation (intenable) des acquis décisifs de la science. Il s’éloigne du créationnisme, accepte de repenser sans œillères l’évolution de l’espèce humaine ».

Cette couverture médiatique a exaspéré beaucoup de laïcs anticléricaux. Leur laïcité est devenue combat contre tout ce qui touche au spirituel et aux croyances. S’il est  sain de bien séparer le pouvoir politique de toute religion, quelle qu’elle soit, il est dangereux de ne pas intégrer les réflexions des responsables religieux à celles des autres responsables quand il s’agit de sujets de société. Dominique Quinio dans son éditorial de la Croix écrit : « Traditionnellement, chaque venue d’un pape en France soulève des réactions : égards républicains jugés trop importants, coût du voyage, forces de sécurité déployées : pour certains, ce que l’on doit aux chefs d’Etat, à la flamme olympique ou à un match de football à risque ne vaut pas pour le représentant d’un milliard de catholiques dans le monde ! ».

Au-delà des centaines de milliers de personnes présentes à Paris ou à Lourdes, un moment très fort aura été le discours au monde de la culture au collège des Bernardins. Il a expliqué combien la méditation monastique de la Parole est un modèle de rapport entre foi et raison. Benoît XVI a notamment dit : « La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la Parole… Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions ». Dans les monastères, le temps consacré à la Parole, c'est-à-dire à la lecture des textes, est aussi important que le temps consacré à la prière ou au travail. C’est en s’instruisant et en méditant que l’homme s’enrichit et développe sa vie intérieure. Il se forge ainsi sa propre foi. Vouloir rejeter cette réflexion au nom d’un anticléricalisme primaire serait dangereux pour notre société.

                                                                            Jacques JEANTEUR

                                                                       Conseiller régional MoDem

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:31

                                                                           Lundi 1er. septembre 2008

Notre société vire de plus en plus à l’instantané, à l’immédiateté. Internet, l’information continue, les SMS, la spéculation en ligne, tout se passe en temps réel et la réflexion perd de plus en plus d’importance. On mesure l’opinion publique de plus en plus souvent et de plus en plus rapidement et on l’utilise pour infléchir les politiques à long terme.

Les relations entre personnes qui se faisaient beaucoup par l’écrit, se font désormais par mails ou SMS. Dans « Le Point », Jean-François Kahn écrit : « Un néocapitalisme post financier se reconstruit sur les ruines de l’ancien modèle libéral de production, l’instantanéité des flux se substitue à la rapidité des processus, l’homme décentré, hier, par le socialisme au profit de L’Etat Léviathan est escamoté, cette fois, par le néolibéralisme au profit de l’argent Moloch et la gauche continue, imperturbablement, de se réclamer de ce qui n’exista jamais pour affronter ce qui n’existe plus ». Il parle de l’instantanéité des flux qui permet des bénéfices ou des pertes énormes en quelques minutes. Cette spéculation instantanée alimente les perturbations des marchés des matières premières. Elle est immorale. Comment peut-on justifier une plus-value phénoménale en quelques heures ou quelques jours, sans que le travail ou l’imagination créative de l’homme n’en soit à l’origine ? Nous passons alors de la société réelle à la société virtuelle.

Jean Peyrelevade, ancien PDG du Crédit Lyonnais et professeur d’économie à l’école Polytechnique, écrit : « Cet homme (Nicolas Sarkozy), agissant dans une sorte d’urgence perpétuelle, écrase le temps et d’abord celui de l’effort. Plongé dans l’immédiateté, épousant tous les plis du terrain dans une sorte de vibration permanente, il veut convaincre les Français que chaque réforme leur amènera dans l’instant quelque avantage : l’économie, selon son expression, ne saurait être « sacrificielle ». Tout déplacement des lignes doit aussitôt être, dit-il encore, « gagnant-gagnant ». Cette obsession de traiter tous les problèmes dans l’immédiateté caractérise bien l’action présidentielle actuelle. Même si certaines mesures sont bonnes sur le long terme et doivent être soutenues, il est clair que l’ensemble manque de réflexion. Beaucoup de décisions, bonnes en apparence dans l’immédiat, ont des effets induits très négatifs, qui auraient pu être évités si l’on avait pris le temps de réfléchir, calmement et sereinement. Dans la vie privée, beaucoup de couples ne se sépareraient pas s’ils prenaient le temps de discuter, de s’écrire et de se répondre, non par SMS, mais par lettre. Les réactions à chaud sont toujours excessives et laissent des traces. Les réactions réfléchies sont plus mesurées ou, en tout cas, plus argumentées. Il faut retrouver le temps de la réflexion et de la méditation, sans lesquelles aucune décision importante ne doit être prise.

                                                                          Jacques JEANTEUR

                                                                     Conseiller régional MoDem

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:30

                                                                                 Lundi 28 juillet 2008

Le parlement réuni en congrès à Versailles a approuvé la réforme de nos institutions à une voix d’avance. Le PS a voté contre, sauf Jack Lang, l’UMP a voté pour, sauf 6 députés. François Bayrou a voté contre. Ce n’est pas une vraie victoire pour l’UMP, mais c’est incontestablement un échec de l’opposition. Laurent Joffrin, dans « Libération », titre son éditorial : « Pavlov ». Il est très critique sur le comportement du PS qui a des réactions pavloviennes contre Sarkozy. Il parle d’un raisonnement à courte vue et dit : « Les logiques de parti échappent parfois à la logique tout court. Mais, cela ne fait guère progresser le débat politique et encore moins l’opposition ». Edouard Balladur dit : « Le consensus s’était réalisé au sein du comité que je présidais et qui comprenait en son sein toutes les sensibilités politiques… Il s’est hélas vite évanoui, car les considérations politiciennes l’ont emporté sur le fond. L’opposition a fait un mauvais calcul en refusant des progrès institutionnels qu’elle souhaitait depuis longtemps au prétexte qu’ils étaient insuffisants à ses yeux. Elle serait plus forte aujourd’hui, plus crédible demain, si elle s’était associé à cette réforme. »

Dans un papier paru dans « Le Monde », Robert Badinter, grand sage de gauche, dit que les socialistes ont eu raison de refuser le vote d’une révision constitutionnelle qui ne remédie en rien au déséquilibre des pouvoirs en faveur de l’exécutif. Compte tenu que Sarkozy continue à être le Président de l’UMP, « la séparation des pouvoirs n’est plus qu’une apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n’est assorti d’aucune responsabilité. J’appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d’un seul dans la République ». Il est donc difficile d’apprécier objectivement les résultats de ce congrès bâtard. Cette réforme est très modeste et elle n’améliore que très peu le pluralisme (un jour à l’opposition pour trois semaines à la majorité dans l’élaboration de l’ordre du jour du Parlement, une commission parlementaire sur huit, réservée à l’opposition). Surtout, il n’est rien dit sur la réforme du mode d’élection archaïque du Sénat qui garantit, en l’état, une majorité de droite.

Face à cette situation bâtarde, la conscience demandait de voter non, mais le calcul politique poussait à voter oui, pour éviter la parade du paon des sarkozistes. Il fallait sans doute faire passer cette modeste réforme dans un consensus, tout en affirmant haut et fort qu’elle n’était pas la solution au problème du manque évident de démocratie dans nos institutions. C’est le comportement insupportable de Sarkozy qui pollue toute notre vie politique et amène à des réflexes pavloviens qui sont la négation même de la démocratie. Oublions vite cet épisode peu glorieux pour la classe politique et, concentrons nous sur la réforme prioritaire absolue : la réduction des déficits publics. Edouard Balladur dit : « Au moment où la France préside l’Union Européenne, elle ne peut être l’Etat dont les finances publiques sont parmi les plus dégradées. Stopper la dérive de l’endettement public est une urgence et nécessite des réformes de très grande ampleur ».

                                                                      Jacques JEANTEUR

                                                                 Conseiller régional MoDem

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:29

                                                                                Lundi 21 juillet 2008

Au-delà de toute considération partisane, les 13 et 14 juillet ont été des journées d’espoir pour la paix. Comme le dit Dominique Quinio dans « La Croix », il s’agit de « Donner une chance au rêve ». Ces organisations régionales « sortent les pays de leur isolement et de leur égoïsme et contrebalancent les oppositions entre blocs antagonistes. A plus forte raison quand les pays appartiennent à plusieurs ensembles à la fois. Les lieux d’intersection sont souvent culturellement les plus riches. Ainsi la Méditerranée ».

Tout a démarré en février 1976 avec la signature à Barcelone de la convention pour la protection de la Méditerranée par vingt et un pays du pourtour méditerranéen. Le processus de Barcelone a ensuite été initié en novembre 1995 lors d’une grande conférence entre l’Union Européenne et dix pays de la rive sud. L’Union pour la Méditerranée qui a été officialisée le 13 juillet à Paris, en est la suite. Il aura fallu attendre le compromis de Hanovre du 3 mars 2008 avec Angela Merkel, pour que le projet n’exclût personne au sein de l’Union Européenne. L’UPM s’est donc conclue entre les vingt-sept états de l’Union Européenne et dix états du Sud : Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Syrie, Tunisie, Turquie et l’Autorité Palestinienne. Il faut y ajouter l’Albanie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et Monaco. La Lybie n’y a pas encore adhéré. Il est clair que cette démarche ne va pas tout changer en quelques mois, mais il est important que les chefs d’Etat se soient réunis et aient accepté de se parler. La présence du président syrien Bachar al Assad était indispensable à ce niveau. Seul, le rétablissement de la paix au Proche-Orient peut donner vie à l’UPM, mais l’UPM est aussi une voie pour y parvenir. C’est pourquoi le défilé, de toute beauté, sur les Champs-Elysées était lui aussi un signal fort vers la paix. Les troupes de l’ONU défilaient devant des chefs d’Etat en guerre : Israël, Palestine, Syrie, Liban… Les parachutistes qui se sont posés devant la tribune officielle, ont déployé les drapeaux de la France, de l’Europe et de l’ONU. Quel symbole ! La présence du chef d’Etat syrien a heurté légitimement beaucoup de personnes, en raison de l’absence de démocratie dans son pays. Il faut toutefois rappeler que le plateau du Golan a été occupé par Israël en 1967 et, qu’en décembre 1981, le parlement israélien a voté l’annexion du plateau. Cette décision unilatérale n’a été reconnue par aucun Etat et a été constamment dénoncée par l’ONU, comme illégale et contraire au droit international. C’est à l’origine du terrorisme de résistance développé par la Syrie. Israël a construit depuis une quarantaine de colonies, dans ce territoire occupé.

L’UPM est donc réellement une source d’espoir, si chaque Etat accepte de se remettre en cause et si l’Europe lui apporte son appui financier. Son succès dépendra surtout de la nouvelle administration américaine en janvier 2009. Vivement la fin du système Bush !

                                                                         Jacques JEANTEUR

                                                                    Conseiller régional MoDem

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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:25

                                                                                  Lundi 14 juillet 2008

Avec la libération d’Ingrid Betancourt, de trois américains et de onze militaires colombiens, le monde a vécu des instants rares d’émotion et de bonheur pur. Comme le dit Dominique Quinio dans « La Croix » : c’est « l’amour vainqueur ». Pour elle, la plus grande défaite des Farc, c’est « l’humanité éclatante de celle qu’ils croyaient humilier ». La joie avec laquelle elle a étreint sa maman et ses enfants était la reconnaissance éclatante de la valeur première et universelle de la famille. « Les retrouvailles ont été une orgie de baisers, a-t-elle dit… C’est comme cela que doit être le paradis. Ce sont mes enfants, ma fierté, ma raison de vivre, ma lumière, mes étoiles et c’est pour eux que je suis restée en vie et que j’ai voulu sortir de cette jungle… C’est le moment le plus fort de ma vie, il faut que l’on continue à lutter pour que tout le monde puisse vivre la même chose ».

Son premier geste de femme libre a été un signe de croix et son premier mot a été pour remercier Dieu. Dans une interview au « Pèlerin », elle a répondu : « Alors que j’étais en captivité, j’avais pris la résolution, lorsque le moment viendrait d’être libre, de remercier en premier le Seigneur. Pourquoi ? Parce que si je n’avais pas eu le Seigneur à mes côtés, je ne pense pas que j’aurais réussi à grandir dans la douleur. Etre otage vous place dans une situation de constante humiliation. Vous êtes victime de l’arbitraire complet, vous connaissez le plus vil de l’âme humaine. Face à cela, il y a deux chemins. Soit on se laisse enlaidir, on devient hargneux, vindicatif, on laisse son cœur se remplir de rancune. Soit on choisit l’autre chemin, celui que Jésus nous a montré. Il nous demande : Bénis ton ennemi…Dès que je faisais l’exercice de prononcer Bénis ton ennemi, alors que j’avais envie de dire tout le contraire, c’était magique, il y avait comme une espèce de soulagement ». Son Père, mort un mois après sa capture, avait une grande vénération pour la vierge Marie. Elle a, en captivité, découvert une Marie, mère comme elle : « Je pensais à sa souffrance de mère et je lui demandais sans cesse : Marie, s’il te plaît, occupe-toi de maman et de mes enfants… Et, en disant cela, je sentais qu’elle m’écoutait ; et je m’apaisais ».

Très au-delà de toutes les considérations politiques ou militaires sur cette libération, il faut se laisser emporter par l’amour vainqueur de la haine, par la foi qui permet de supporter l’insupportable, par l’espérance inouïe de la liberté à venir, du combat à reprendre pour la défense des droits de l’homme, de tous les hommes. Rien n’est jamais perdu tant que la flamme de l’amour brille, rien n’est jamais désespéré tant que l’homme croit en l’homme et tant que la famille est le refuge de toutes ces valeurs. Pour toutes ces vérités réaffirmées, il faut dire un grand merci à Ingrid Betancourt.

                                                                      Jacques JEANTEUR

                                                                 Conseiller régional MoDem

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