Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 11:41

Jacques ATTALI m

 

7 mai, gueule de bois, par Jacques Attali

Soit François Hollande est élu, soit Nicolas Sarkozy est réélu. Dans les deux cas, les scénarios sont ceux d'une grave crise, parce que la campagne est passée à côté des vrais sujets.

 

Chacun sait, chacun répète, que la France doit réduire sa dette publique. Chacun sait, chacun répète, que la campagne ne porte pas sur ce sujet. Chacun sait, chacun répète, qu’aucune économie sérieuse n’est proposée par aucun candidat. Chacun sait, chacun répète, que les objectifs acceptés par la gauche et la droite sont totalement hors de portée, parce que nul ne sait comment réaliser l’excédent budgétaire nécessaire pendant 10 ans au moins, à partir de 2017 au mieux.

Et pourtant, rien ne change. La campagne s’étire, comme en bâillant. On s’y ennuie, on n’y parle, à droite comme à gauche, que de minuscules détails, de dépenses nouvelles non chiffrées ou d’impôts symboliques, mais ne rapportant rien.



Si on continue comme cela jusqu’au 6 mai, voilà ce qui nous attend.



Le 7 mai, si Francois Hollande est élu, la droite entrera dans une grave crise et explosera, pour le plus grand plaisir du Front national.

Le nouveau Président annoncera que la situation financière est épouvantable, pire que celle annoncée par les équipes précédentes, et qu’il lui faut étudier de près la réalité avant d’agir. Les marchés financiers, dont dépendent les trois quarts du financement de notre dette publique, s’inquiéteront et rendront plus coûteux les emprunts que l’Etat devra faire en mai, pour payer les salaires des ses fonctionnaires. Les prêteurs exigeront immédiatement du Président, et de son premier gouvernement, des réformes et des coupes très brutales, avant même les élections législatives de juin.

Pour ne pas les perdre, l’exécutif tergiversera et n’annoncera rien de sérieux. Après les législatives, la gauche, qui les gagnera, dénoncera des comptes maquillés par la droite, et lui fera porter la responsabilité des économies et des hausses d’impôts nécessaires. Elle annoncera qu’il faudra trouver au moins 20 milliards en 2012 et, si la croissance n’est pas au rendez-vous, ce qui est vraisemblable, le double en 2013, et le double encore en 2014. Et plus encore dans les 3 années qui suivront. Il ne sera plus question de largesse d’aucune sorte. Pendant tout le quinquennat.



Le 7 mai, si Nicolas Sarkozy est réélu, la gauche basculera dans une grave crise; le Parti socialiste explosera; une partie de ses membres ira rejoindre Jean-Luc Mélenchon, qui deviendra le chef de l’opposition; la droite pourra plus aisément passer les échéances d’emprunt de juin; elle gagnera les législatives, sous les applaudissements prudents des marchés.

Mais elle devra, elle aussi, révéler, dès juillet, que le déficit budgétaire de 2012 sera finalement supérieur à ce qu’annoncent aujourd’hui les comptes –en raison, dira la droite, d’erreurs impossibles à prévoir. Pour tenir les prévisions de réduction de la dette publique, qu’exigeront les prêteurs, la droite décidera de coupes brutales dans les budgets sociaux, sans augmenter les impôts des plus riches. Cela se traduira par une chute de la croissance et des revenus fiscaux. La nouvelle gauche mettra des millions de gens dans la rue; les grèves se multiplieront. Les marchés commenceront à s’inquiéter. Les taux d’intérêt augmenteront massivement. La crise sera là. Pour tout le quinquennat.

Dans les deux cas, le pays paiera le prix d’une campagne électorale totalement ratée. Non de la faute des candidats. Ni des journalistes. Mais des élites françaises, qui n’auront pas su sortir à temps de la douceur de vivre, de la drôle de guerre, de l’ivresse trompeuse.



Jacques Attali

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 14:29

Partage concept 72983838

La vertu se tient au centre et non aux extrêmes. Ce vieux proverbe latin veut que la vérité et le bon sens fassent choisir l’équilibre entre ce qui s’oppose. L’élection présidentielle de dimanche est une fois de plus l’occasion de choisir la voie de la raison et de l’équilibre. On sent à l’approche de l’échéance, les camps se galvaniser les uns contre les autres. D’un côté, l’UMP travestit le programme de François Hollande et brosse une image du candidat complètement exagérée. L’essentiel de leur campagne a consisté à rabaisser François Hollande et à le faire apparaître comme un mou, sans expérience. Les interventions de Jean-François Coppé et Nathalie Kosciusko-Morizet, notamment, ont été d’une médiocrité et d’une méchanceté désarmante. De leur côté, les porte-paroles du candidat de gauche n’ont pas toujours fait dans la dentelle, et ont rejeté tout ce qui a été fait, y compris les réformes indispensables comme la retraite.

La position centrale de François Bayrou et sa volonté de rassembler le peuple de France avec un gouvernement d’union nationale pour lutter contre l’endettement et pour moraliser la vie politique, ont été fortement critiquées par les deux clans qui se partagent depuis 1981 le pouvoir et qui ont accumulé la dette colossale que nous devons maintenant rembourser.

Depuis des années on a caricaturé les hommes du centre en les qualifiant de mous. Or, la position centrale de François Bayrou, sa rigueur et son souci du bien commun, sont, au contraire, la preuve de la ligne de crête qu’il suit depuis 10 ans. C’est la ligne de force des convictions, de l’honnêteté et du souci du bien commun. On veut absolument nous faire basculer d’un côté ou de l’autre, pensant qu’il est impossible en France d’être vertueux, c'est‑à-dire de chercher la vérité du bon sens et de l’équilibre. Avec l’obsession de sauter pardessus le 1er tour, les médias veulent absolument nous faire basculer dans un camp ou dans un autre avant le second tour. Les perches tendues à François Bayrou, par la gauche comme par la droite, pour préparer le second tour sont la preuve de la fébrilité de chaque camp. Il aura fallu attendre la dernière semaine pour qu’un débat entre les 10 candidats, ou leurs représentants, soit organisé à une heure tardive. C’est une grande faiblesse de notre vie démocratique que ce refus du débat, de la confrontation positive dans le respect de chaque idée. Tous les hebdomadaires ont titré depuis plusieurs semaines sur les mensonges, les coups bas et les promesses intenables des candidats.

 On reproche à François Bayrou ne pas avoir été assez agressif, c'est-à-dire de ne pas avoir assez promis, dénigré et menti. C’est vraiment le comble de la contradiction. C’est l’homme en qui les français ont le plus confiance et, en même temps, on nous fait croire que les français vont voter massivement pour ceux qui mentent, s’entretuent et cassent l’unité nationale. On voit dans les pays qui nous entourent que les plans violents de rigueur augmentent la pauvreté, et finissent même par augmenter la dette, compte-tenu des taux scandaleux qu’on leur impose. Mais on a refusé de voir pendant des années, et même des décennies, que l’on dépensait plus que l’on ne gagnait.

 Un peuple de cigales va à la ruine, mais un gouvernement de fourmis revanchardes et dogmatiques peut mener aussi à la faillite. C’est donc dans une démarche équilibrée de réduction de la dépense et d’augmentation de la recette que l’on pourra à la fois réduire la dette et retrouver la croissance. Cela ne pourra se faire qu’à une condition incontournable : la justice sociale, celle qui répartit l’effort en fonction des moyens de chacun, et celle qui impose le contrôle de cette justice. Il nous reste quelques heures pour faire un vote massif de raison, d’espoir et de confiance. « In medio stat virtus », c’est la loi immuable de la nature, y compris de la nature humaine. Dimanche, dans l’isoloir, ne cherchez à protéger les uns ou à venger les autres, cherchez à soutenir avec fougue l’intérêt général, celui qui donne espoir à ceux qui l’ont perdu, et celui qui donne la joie du partage à ceux qui peuvent se permettre de partager leur surplus.

                                                                  Jacques JEANTEUR

 

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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 18:17

                

Bayrou article-peche 

 

         Plus de 50 ans se sont écoulés depuis le retour au pouvoir du Général de Gaulle le 1er juin 1958, et son élection à la Présidencede la République le 21 décembre 1958. Entre ces deux dates, le peuple français avait adopté par référendum le 28 septembre 1958 la constitution de la Vème république. Le 28 décembre 1958, le général de Gaulle a prononcé un discours célèbre [1] sur la politique financière de rigueur qu’il allait mettre en place. Je pense utile de le relire, car la situation actuelle est assez voisine de celle de 1958, et nous avons besoin d’une politique similaire. Voici les principaux extraits :

 

        « L’appel qui m’est adressé par le pays exprime son instinct du salut. S’il me charge de le conduire, c’est parce qu’il veut aller, non certes à la facilité, mais à l’effort et au renouveau…

 

        Bien entendu, le danger s’étendait à la finance et à l’économie. Dans les derniers jours de mai, nous étions à cet égard, sur la route de la catastrophe. La balance des comptes entre ce qu’il nous fallait acheter au dehors et ce que nous pouvions y vendre atteignait un déficit apparemment irréductible, tandis que les prêts étrangers se trouvaient presque épuisés. D’ailleurs, on ne voyait plus comment faire face normalement à toutes les dépenses de l’Etat, les impôts n’y suffisant point et le crédit semblant s’éteindre…

 

        La confiance du pays nous a permis, dans ce domaine comme dans les autres, de renverser la tendance et de parer au plus pressé. Cependant, la situation demeure précaire, c'est-à-dire dangereuse…

 

       Avec mon gouvernement, j’ai donc pris la décision de mettre nos affaires en ordre réellement et profondément. Le budget en est l’occasion, peut-être ultime, très bonne en tout cas. Nous avons adopté, et, demain, nous appliquerons tout un ensemble de mesures financières, économiques, sociales, qui établissent la nation sur une base de vérité et de sévérité, la seule qui puisse lui permettre de bâtir sa prospérité. Je ne cache pas que notre pays va se trouver quelque temps à l’épreuve. Mais, le rétablissement visé est tel qu’il peut nous payer de tout…

 

      Mais toutes ces obligations, jointes aux dépenses normales de l’Etat, comporteraient, si nous laissions aller les choses, un déficit de 1 200 milliards, soit deux fois plus que l’épargne n’est susceptible de nous fournir. A moins de recourir à la ruineuse inflation ou de faillir à la France, il n’y a rien d’autre à faire que de réduire de moitié le déficit menaçant. C’est ce que j’ai décidé. …Cet ensemble, dont toutes les parties se tiennent et se complètent, cet ensemble est grave mais essentiel. Sans l’effort de remise en ordre, avec les sacrifices qu’il requiert et les espoirs qu’il comporte, nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale de redressement financier et économique, quelle étape sur la route qui nous mène vers les sommets. C’est le vœu que je forme à l’adresse de toutes et de tous, tandis qu’approche la nouvelle année. Peuple français, grand peuple ! Fierté, courage, espérance. Vive la République ! Vive la France ! »

 

            François Bayrou a choisi cette ligne de conduite. Il fait la même analyse et propose le même chemin. Il faut savoir qu’au lendemain de l’élection  présidentielle, le 7 mai, il y aura un 3ème tour incontournable : le jugement que l’extérieur, les marchés, nos créanciers porteront sur les promesses du candidat élu. Dans son dernier numéro, l’hebdomadaire britannique « The Economist » titre : « La France dans le déni ». L’éditorial parle de François Hollande en disant qu’ « il pourrait s’apercevoir après quelques semaines, et pas des années, que les investisseurs fuient le marché obligataire. En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, il dit qu’ « il n’envisage ni les réformes radicales ni la réduction structurelle des dépenses publiques dont la France a besoin. ». Il prévient qu’ « une France léthargique et non réformée pourrait bien se retrouver au centre de la prochaine crise de l’euro... La France insouciante est sur le point d’être rattrapée par la dure réalité, quel que soit le Président ».

 

           François Bayrou est clair quand il nous dit : « La corruption insidieuse des pouvoirs, l’argent public qui nourrit les privilèges, la malhonnêteté de la vie publique, l’abandon des principes démocratiques et républicains, tout cela est l’ennemi de la patrie. Et, il s’agit ensuite de choisir une stratégie pour les réduire. Une stratégie, c’est un plan de bataille : la direction de l’attaque, le but à atteindre, les étapes du combat. Les étapes du combat sont celles-ci : la disparition des déficits publics en 2 ou 3 ans ; le retour à une dette publique maîtrisable en 5 années supplémentaires. La reconstruction du « Produire en France » par la reconquête de nombreux marchés perdus, aussi bien que par l’exploitation de nos réussites à l’exportation, en 5 années. La restauration de notre école, de la maternelle à l’université en 5 années. La refondation de la République en quelques semaines. Car, ce chantier là au moins ne demande rien d’autre que de la rigueur personnelle, de l’honnêteté insoupçonnable et de la détermination. Ce chantier-là au moins ne coûte rien, et même il rapporte par les économies réalisées sur le train de vie de l’Etat et la disparition des abus. Les étapes sont en place. Reste à définir les moyens et la condition du succès. Les moyens du succès, c’est un pouvoir assuré de la confiance des Français pour conduire, animer et gagner la bataille. La condition du succès, c’est la réinvention de la solidarité au sein de notre pays ».

 

            L’heure n’est plus aux promesses, aux petites phrases ou aux atermoiements. L’heure est à l’engagement franc et massif pour sauver ensemble notre pays de la faillite financière et morale qui le menace. Le problème n’est plus de choisir entre un discours d’illusion du côté de François Hollande et un discours de division du côté de Nicolas Sarkozy. L’heure est au rassemblement pour la grande entreprise nationale de redressement économique, financier et moral. L’heure de l’espérance a sonné pour notre jeunesse. Il faut avoir le courage de reconstruire une France juste et solidaire, qui redeviendrait un phare, un modèle, pour tous les peuples qui souffrent et qui aspirent à un monde plus juste et plus solidaire. Jean Lassalle, député des Pyrénées Atlantiques, le plus proche élu deFrançois Bayrou, tiendra une réunion publique sur ce thème mercredi prochain 4 avril à 20 h à Donchery, dans la salle municipale de l’atelier, près de la mairie. Tous les ardennais y sont cordialement conviés. Pour chacun de vous, vous pouvez soutenir la campagne de François Bayrou en faisant un don à l’aide du document joint. A tous merci.

  

                                                                                   Jacques JEANTEUR

 

Commentaire de Jean-François LECLET, Vice-Président du Conseil général des Ardennes :

 

Bravo pour ta libre opinion. C’est cette libre opinion qui devrait servir de tract de campagne pour F. Bayrou dans tout le pays car il parle à la raison de chacun !!! Réalisme, effort, solidarité, humanisme, tout ce qui peut permettre à la France de surmonter les erreurs des 30 dernières années !!! Malheureusement les Français pourront regretter pendant des années le choix qu’ils vont faire, celui d’illusions et de promesses mensongères !!!



[1] Allocution radiodiffusée et télévisée prononcée à l’Hôtel Matignon

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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 18:20

Décentralisation - J Arthuis

 

Source : La Gazette des Communes, des Départements, des Régions - 26 mars 2012.

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Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 14:04

Ce samedi 17 mars, nos équipes étaient sur le marché de Nevers à Charleville-Mézières

 

Photo tractage Nevers 1Photo tractage Nevers 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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