L’immédiateté.

Publié le par modem08

                                                                           Lundi 1er. septembre 2008

Notre société vire de plus en plus à l’instantané, à l’immédiateté. Internet, l’information continue, les SMS, la spéculation en ligne, tout se passe en temps réel et la réflexion perd de plus en plus d’importance. On mesure l’opinion publique de plus en plus souvent et de plus en plus rapidement et on l’utilise pour infléchir les politiques à long terme.

Les relations entre personnes qui se faisaient beaucoup par l’écrit, se font désormais par mails ou SMS. Dans « Le Point », Jean-François Kahn écrit : « Un néocapitalisme post financier se reconstruit sur les ruines de l’ancien modèle libéral de production, l’instantanéité des flux se substitue à la rapidité des processus, l’homme décentré, hier, par le socialisme au profit de L’Etat Léviathan est escamoté, cette fois, par le néolibéralisme au profit de l’argent Moloch et la gauche continue, imperturbablement, de se réclamer de ce qui n’exista jamais pour affronter ce qui n’existe plus ». Il parle de l’instantanéité des flux qui permet des bénéfices ou des pertes énormes en quelques minutes. Cette spéculation instantanée alimente les perturbations des marchés des matières premières. Elle est immorale. Comment peut-on justifier une plus-value phénoménale en quelques heures ou quelques jours, sans que le travail ou l’imagination créative de l’homme n’en soit à l’origine ? Nous passons alors de la société réelle à la société virtuelle.

Jean Peyrelevade, ancien PDG du Crédit Lyonnais et professeur d’économie à l’école Polytechnique, écrit : « Cet homme (Nicolas Sarkozy), agissant dans une sorte d’urgence perpétuelle, écrase le temps et d’abord celui de l’effort. Plongé dans l’immédiateté, épousant tous les plis du terrain dans une sorte de vibration permanente, il veut convaincre les Français que chaque réforme leur amènera dans l’instant quelque avantage : l’économie, selon son expression, ne saurait être « sacrificielle ». Tout déplacement des lignes doit aussitôt être, dit-il encore, « gagnant-gagnant ». Cette obsession de traiter tous les problèmes dans l’immédiateté caractérise bien l’action présidentielle actuelle. Même si certaines mesures sont bonnes sur le long terme et doivent être soutenues, il est clair que l’ensemble manque de réflexion. Beaucoup de décisions, bonnes en apparence dans l’immédiat, ont des effets induits très négatifs, qui auraient pu être évités si l’on avait pris le temps de réfléchir, calmement et sereinement. Dans la vie privée, beaucoup de couples ne se sépareraient pas s’ils prenaient le temps de discuter, de s’écrire et de se répondre, non par SMS, mais par lettre. Les réactions à chaud sont toujours excessives et laissent des traces. Les réactions réfléchies sont plus mesurées ou, en tout cas, plus argumentées. Il faut retrouver le temps de la réflexion et de la méditation, sans lesquelles aucune décision importante ne doit être prise.

                                                                          Jacques JEANTEUR

                                                                     Conseiller régional MoDem

Publié dans Politique générale

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temps 09/11/2008 18:12

Je ne pense pas que la facilité de l'action, ou bien même sa rapidité d'exécution soit liée avec son bon sens.
J'imagine mal qu'il soit possible de construire un système social, à l'aide de structures monarchiques qui utilisent des techniques monarchiques.
Cordialement