De Mitterrand à Sarkozy

Publié le par modem08

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Depuis l’élection présidentielle de François Mitterrand le 10 mai 1981, la morale est allée en déclinant dans la vie politique française. L’arrivée de l’union de la gauche avec son programme commun a marqué le début de l’inversion des valeurs. Les affaires se sont multipliées sous François Mitterrand, se sont amplifiées sous Jacques Chirac et atteignent un paroxysme avec Nicolas Sarkozy. A chaque fois, le bord opposé s’offusque et crie au scandale avant d’être lui-même impliqué dans une autre affaire. Toute la presse française et étrangère commente ces péripéties. Courrier International titre : « La France plumée ». Le Point a titré : « Une affaire d’état », puis « L’été meurtrier ». L’Express a titré : « L’affaire de trop », quand le Nouvel Observateur titrait : « Comment l’Elysée veut étouffer l’affaire ».


Dans tous les cas de figure, on retrouve l’argent au cœur de tous ces comportements plus ou moins vénaux ou mafieux. Quand on lit les enregistrements inédits du maître d’hôtel de Liliane Bettencourt, publiés dans « Le Point », on est confondu devant la capacité des hommes à venir spolier les personnes faibles, surtout quand elles sont âgées. L’éditorial de Franz Olivier Gisbert est éloquent sur ce sujet : « Cette affaire Bettencourt met au jour toutes les bassesses de notre société sans valeurs ni repères. La cupidité. La manipulation. La vénalité. On y voit qu’à un certain niveau, la rente n’est rien d’autre qu’une sorte de damnation… On en viendrait à plaindre la vieille dame si cette affaire ne révélait une forme d’impunité : selon que vous êtes riche ou rien, la loi n’est décidément pas la même en France. Tels sont les effets de la collusion, sinon de la consanguinité, entre l’argent, la justice et une certaine politique. Sans parler de l’Etat, qui, en l’espèce, fait bien pâle figure. Devant tant de vilénies, toutes bénies qu’elles soient par la Légion d’honneur, on ne peut qu’avoir des haut-le-cœur ». Jean-François Kahn, dans son bloc-notes de « Marianne » s’en prend à toute cette cour qui gravite autour du pouvoir et ne sait que se soumettre. « Que dire, de cette lamentable clique de béni-oui-oui qui a tout accepté, absolument tout, du plus ridicule au plus déshonorant, de ces supplétifs réduits à l’état de perroquets applaudissant aussi bien la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD que le double salaire d’Henri Proglio, et qui, demain, ne tariraient pas d’éloges si Sarkozy, comme Caligula décidait de nommer son cheval consul. Et cela, au nom de ce même manichéisme binaire, de ce même esprit de parti, de cette même logique de camp, qui conduisirent nos communistes, au temps du stalinisme, à se faire complices des pires contrevenances à leurs propres principes et à leurs propres valeurs ; ou, en un autre temps, d’authentiques patriotes à cautionner tous les forfaits pétainistes au prétexte que le parti conservateur avait basculé de ce côté-là… Ceux qui, aujourd’hui comme hier, sacrifient tout esprit critique à un impératif d’indéfectible allégeance devraient savoir qu’une telle démission mène toujours à l’affaiblissement éthique, à l’autodestruction. Et, finalement à la catastrophe ».


Comme le dit « La Croix » : « La république irréprochable promise par Nicolas Sarkozy vacille ». Pour Eva Joly, la République irréprochable, c’est avant tout «  la séparation des pouvoirs ». Or, la suppression des juges d’instruction, des chambres régionales des comptes et la nomination des patrons de l’audiovisuel public par le chef de l’Etat témoignent bien de la collusion des pouvoirs politiques, judiciaires et de l’information.


Jean-François Kahn, dans son dernier bloc-notes voit deux issues possibles à la situation délétère actuelle. « Soit Nicolas Sarkozy annonce qu’il ne se représentera pas en 2012 et que, donc, libéré de cette échéance paralysante qui casse le pays en deux, il osera prendre sans tabou, les décisions qui s’imposent, quitte à en mécontenter beaucoup, y compris les gros souscripteurs et dispensateurs de chèques qui l’ont fait président. Soit qu’il dissolve l’Assemblée Nationale et confie à un prochain gouvernement issu des urnes le soin de remettre le pays à flot. Hélas, il est probable qu’il ne fera ni l’un ni l’autre ».


Dans la fin des années 80, j’avais écrit une libre opinion sur le mitterrandisme que j’avais intitulée : « Le mal incarné ». La gauche m’avait accusé d’extrémisme. La réalité a montré que j’avais raison. En 2003, sous Jacques Chirac j’avais fait une libre opinion sur « Les copains d’abord… », à propos du scandale du Crédit Lyonnais et d’Executive Life. Je concluais ainsi : «  Triste république que celle où l’on fait payer au contribuable des emplois fictifs ou des dettes liées aux erreurs de ses copains milliardaires ». Entre Mitterrandd, Chirac et Sarkozy, je vois un point commun : la corruption et la vénalité de tous ceux qui les entourent après les avoir fait élire. Il est temps d’engager la seule rupture possible : la rupture morale !


                                                   Jacques JEANTEUR

                                                                     Mouvement Démocrate

Publié dans Politique générale

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Frédéric Courvoisier-Clément 10/08/2010 00:56


Il y a quelque chose de très vrai dans cet article, sur la lente progression de la subversion de notre société, notamment au travers de nos hommes politiques Je suis né un an avant le septennat de
Valérie Giscard d'Estaing et depuis que je suis en âge de comprendre, je n'ai jamais vu passer une année sans qu'une "affaire politique" n'éclate. Mais si, des diamants de Valérie Giscard
d'Estaing, aux affaires Bettencourt, Clearstream et Karatchi de Nicolas Sarkozy, en passant par les écoutes de l'Elysée de François Mitterrand ou la saga de la Mairie de Paris de jacques Chirac,
aucun Président ne nous aura réellement épargné, on a tout de même le sentiment que la montée en puissance a été colossale depuis une petite dizaine d'années.


Opapou 01/08/2010 12:30


Effectivement, un Président de la République digne de la fonction se devrait d'être exemplaire à défaut d'être irréprochable. Hélas! nous en sommes désormais très loin tant dans les actes que dans
la pensée.