L’heure du choix

Publié le par modem08

Presidentielle 2012 - Tour 2

Avec ce système pervers du bipartisme, il nous faut choisir entre le vote blanc ou un  clan. Je préfère choisir en conscience ce qui semble le plus utile pour les Français. Pour moi, je cherche d’abord ce qui rassemble le plus et je rejette ce qui divise. Je choisis la voix la plus centrale pour éviter les extrêmes. Mon engagement politique a toujours été sur les valeurs et non sur les hommes. Elu en 1986, comme Vice Président de Bernard Stasi, j’ai toujours combattu à ses côtés les extrêmes de droite comme de gauche. Je sais à quoi ils ont mené dans le monde. Les morts se comptent par dizaines de millions chez les dictateurs fascistes ou communistes. Les droits de l’homme ont été bafoués en Tunisie, en Lybie, en Egypte, en Syrie, en Corée…. Les thèses du FN, comme l’étaient les thèses communistes d’il y a 30 ans, sont donc incompatibles avec ma vision du « Vivre ensemble ». Le communisme stalinien a disparu, mais il y a encore dans l’extrême gauche française des théories dangereuses et souvent haineuses. Elles aussi, sont très loin de ma vision humaniste du « Vivre ensemble ». Dimanche, il faudra donc mettre un bulletin dans l’urne. J’hésite encore entre voter blanc, comme en 2007, ou voter Hollande, comme je l’ai fait aux primaires socialistes, après avoir voté Vals au 1er tour. Bien sur, je suis très déçu par le score de François Bayrou dimanche dernier et par le peu d’attention portée à son projet d’une France solidaire. Les sectarismes de gauche et de droite ont largement triomphé et le PS comme l’UMP ont choisi de flatter les extrêmes plutôt que d’écouter la voix sage des humanistes. Il faut respecter le vote populaire, issu de cette campagne violente et mensongère. C’est le devoir des démocrates.

François Bayrou a envoyé à chacun des deux candidats du 2ème tour une lettre Il parle de la crise financière qui n’est pas derrière nous, contrairement à ce que l’on a tendance à nous faire croire, et il écrit : « Et parce que nous allons vivre ces moments difficiles, l’attitude personnelle des gouvernants comptera beaucoup. C’est une question de valeurs, personnelles autant que politiques. Depuis des années, c’est la violence des attitudes et des mots, la guerre d’un camp contre l’autre, la complaisance à l’égard des extrêmes qui caractérisent notre pays. Le refus de la violence perpétuelle dans la vie politique, les valeurs de respect des sensibilités différentes, la reconnaissance du pluralisme, la recherche de l’équilibre, sont la condition nécessaire à l’esprit d’unité nationale dont nous aurons besoins face à la crise. C’est ainsi, et seulement ainsi, par la vérité et l’unité que la France pourra regarder en face les conditions de son redressement. Or, la recherche de l’équilibre des finances publiques n’est obtenue dans vos deux projets que par l’affichage d’une croissance impossible à court terme. Je vous demande instamment de réfléchir à ce péril et d’envisager des mesures crédibles pour l’écarter s’il est encore temps. » Il précise ensuite les points principaux sur lesquels il attend des réponses claires, positives ou négatives.

– La règle d’or à inscrire dans la Constitution comme pour tous les pays de la zone euro. Curieusement, le PS s’y oppose depuis longtemps, mais il est vrai qu’il souhaite renégocier l’ensemble du traité européen en cours de ratification

             - Le développement  de notre appareil de production et la protection de notre modèle social né du Conseil de la résistance. Ce volet a été repris par les deux candidats, mais le respect du dialogue social n’est réel que chez François Hollande.

             - La priorité donnée à l’apprentissage de la langue française en primaire. La réponse des deux est assez floue et ce n’est pas le nombre d’enseignants qui est la bonne réponse.

             - La moralisation de la vie publique et le changement des pratiques politiques, avec des engagements clairs. François Hollande y souscrit presque totalement.

             - Un progrès vers une Europe  plus communautaire, avec une vraie gouvernance, de la transparence et de la lisibilité. Nicolas Sarkozy prône une gouvernance intergouvernementale au lieu d’une gouvernance plus fédérale. La position de François Hollande n’est pas limpide.

Ces sujets fondamentaux pour l’avenir de la France et de l’Europe font que François Bayrou restera en réserve de la République, et qu’en cas de crise très forte, les français sauront pouvoir compter sur lui pour redresser la France.

Le débat télévisé de mercredi ne sera pas déterminant pour moi, car il y a tellement d’injures et d’invectives entre les deux camps depuis des semaines, avec un refus de débat avec les autres candidats, que je ne vois pas pourquoi on en apprendrait plus. On aura peut-être la tentation de se laisser abuser par le meilleur menteur ou bonimenteur. Cela ne me fera donc pas évoluer dans ma position qui reste à aujourd’hui, une hésitation entre le vote blanc et le vote Hollande, avec une préférence pour le vote Hollande. J’avoue trouver chez lui une carrure présidentielle, avec des convictions claires et durables. J’apprécie aussi son respect des autres, ce qui en fait pour moi un candidat soucieux de rassembler, alors que le vote Sarkozy serait pour moi un gage de division, la preuve en ayant été donnée depuis 5 ans. Certes, il reste la question de l’euthanasie sur laquelle je suis en divergence totale avec la gauche, mais, à ce niveau, le vote ne représente ni un blanc-seing ni une adhésion à l’ensemble du programme. Le débat permettra d’exprimer son accord ou son désaccord sur les sujets de fond au fur et à mesure où ils seront abordés dans le quinquennat qui s’ouvre.

                                                                           Jacques JEANTEUR

 

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M
Coutumier de longue date du bulletin blanc en pareil contexte, je m'étais déjà interrogé préalablement au premier tour, sur ma position au second tour de la présente élection présidentielle dans le<br /> cas de figure annoncé.<br /> <br /> Soit pour la énième fois encore voter blanc - je dis bien blanc avec un bulletin de cette couleur dans mon enveloppe et non pas une enveloppe vide, j’aime à le préciser… – ce qui je le conçois<br /> n’est ni positif, ni dynamique ; soit appliquer la règle du scrutin à deux tours : au premier on choisi, au second on élimine et, en l’occurrence pour ma part, en fonction des résultats de l’un et<br /> de l’autre au premier tour.<br /> <br /> Selon mes calculs et donc cela n'engage que moi, pas seulement d’ailleurs eu égard à mes calculs, le second tour sera bien plus serré que ne l’ont proclamé avec empressement les sondeurs dès le<br /> soir du premier tour.<br /> <br /> Par conséquent, dimanche, je voterai sans conviction pour éliminer.................. Nicolas Sarkozy. Pour une fois on n’y verra pas que du blanc !<br /> <br /> Cette position inhabituelle pour moi s’appuie sur un très mauvais bilan du candidat sortant : promesses non tenues, atermoiements répétés (bouclier fiscal, défiscalisation des heures<br /> supplémentaires…) réformes qui n’en sont pas et, quelques véritables réformes menées dans le mépris des partenaires sociaux (cf. la réforme des retraites…) ou contrairement au bon sens ou à nos<br /> principes républicains (réforme de la Justice), communication effrénée (des coquilles vides ou des effets d’annonce la plupart du temps), mépris des hommes (discours de Dakar et de Grenoble), image<br /> internationale désastreuse de la France raillée même au Bundestag, langage et postures indignes d’un président de la république (« casse-toi »… « moi je ne possède pas des hectares de terre » -<br /> oser dire cela à une agricultrice - ou plus récemment « je vais l’exploser »), attitudes et actions subversives contribuant à opposer les uns contre les autres… à tel point qu’en bien des occasion<br /> je me suis demandé si ce n’était pas la révolution qu’il cherchait.<br /> <br /> Voilà autant de bonnes raisons qui président à mon choix et la liste est loin d’être exhaustive.<br /> <br /> Ceci étant dit, je ne souhaite absolument pas que François Bayrou se prononce en faveur de l'un ou de l'autre et, a fortiori, donne une "consigne" de vote, pratique que je n'ai jamais admise et,<br /> que je n'admettrai jamais de qui que ce soit.
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L
Votre façon de voir les événements récents est tout à fait honorable. Dans cette campagne ou Hollande accuse de dictateur, au comportement pétainiste un candidat sortant qui semblerait s'allier aux<br /> théses du FN, alors que ce dernier dit s'en défendre.<br /> Alors que,inversement,Hollande pactise avec une extrême-gauche dangereuse qui léve le poing sur des affiches,en diabolisant les citoyens pauvres qui ont voté FN,qui en ont plus qu'assez de cette<br /> solidarité pour un assistanat perpétuel. Il est vrai que cela peut décontenancer plus d'un électeur. Mais voter blanc, n'est ce pas s'en laver les mains.Surtout que ce vote n'est pas reconnu et<br /> n'aura donc pas d'influence.<br /> "S'en laver les mains" est une expression qui fait référence au comportement de Ponce Pilate, Aujourd'hui, l'expression est restée et s'utilise toujours dans le même sens, pour signifier que l'on<br /> se moque totalement de quelque chose, qu'on ne s'y intéresse pas.(Ce qui est faux pour vous.)<br /> Après un vote blanc pourrons-nous encore donner des avis sur la rigueur et tous les drames qui risquent d'arriver ?<br /> Personellement, je suis encore indécis mais je ne voterai pas blanc.
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