Une grève honteuse

Publié le par modem08

train

En pleine crise climatique liée à la neige et au froid, les cheminots de plusieurs régions n’ont rien trouvé de mieux que de faire grève du 23 au 26 décembre. La conséquence immédiate a été la suppression de nombreux TER. Aucune raison sérieuse n’est donnée pour cette grève décidée en catimini et non annoncée. Seul un article d’une journaliste de « l’Ardennais », piégée à Lille, nous apprend que « de malheureux agents de la SNCF auraient entamé une grève de complaisance parce qu’ils n’auraient pas eu les jours de congés qu’ils réclamaient ». On n’ose pas imaginer les salariés du privé se mettre en grève, quand les dates de congés ne leur conviennent pas. Il faut vraiment avoir un emploi protégé et aucun sens moral pour se permettre de bloquer un service public par grand froid et des jours de fête familiale. Sur Info trafic, on trouve seulement la mention « Arrêt mouvement sociaux SNCF » ou pour certaines gares (comme Rethel par exemple) : « Arrêt supprimé ».

Alors que les autorités recommandaient de ne pas prendre la route, c’est à ce moment que des cheminots, du syndicat Sud Rail, se mettaient en grève, sans prévenir et sans motif défendable. Comme le dit la journaliste locale prise au piège : « Imaginez la tête qu’il ferait le cheminot gréviste qui, en revenant du réveillon, se serait cassé le pied et qu’au SAMU, on lui dise, revenez lundi, on fait la grève des confiseurs. »Si le droit de grève doit être respecté, encore faut-il qu’il y ait un motif valable et que l’usager soit prévenu. Comme les TER sont financés par les Conseils Régionaux, et donc par nos impôts, il serait légitime de demander des comptes à ceux qui ont fait passer leurs petites revendications catégorielles sans importance avant le souci des usagers en cette période de fête de Noël. Ce sont les personnes âgées ou les plus démunies, ainsi que les travailleurs, qui en furent les premières victimes.

J’ai moi-même subi cette grève en ne pouvant pas me rendre à Metz le 24 décembre pour passer Noël avec un de nos enfants. Je connais aussi des personnes âgées qui revenaient de Paris à Sedan et qui n’ont pas eu de train entre Charleville et Sedan. Des personnes qui devaient venir travailler à Charleville n’ont pas pu le faire. On voit sur internet que les mêmes phénomènes se sont produits dans de nombreuses régions françaises. Ce comportement porte préjudice à l’image déjà détériorée des cheminots. Il doit être dénoncé et je souhaite que les Conseils Régionaux concernés, dont celui de Champagne-Ardenne, votent à l’unanimité, des motions de défiance à l’égard du syndicat à l’origine de cette grève scélérate. Le 26 décembre était la Fête de la Sainte Famille, et de toutes les familles. Une grève ni annoncée et ni motivée a eu pour effet de priver beaucoup de familles de la possibilité de se retrouver. Je trouve cela honteux et j’espère que les médias sauront se faire écho des nombreuses personnes privées de la joie familiale En 2009, il y a eu 1,19 jour de grève par agent SNCF. Combien en 2010 ? Un préavis semble aussi avoir été déposé pour le week-end du nouvel an. Les directions régionales parlent de « préavis de confort ». Bon courage à ceux qui travaillent ! 

 

Jacques JEANTEUR

                                                                     Mouvement Démocrate

Publié dans Société

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Tom- 02/01/2011 20:19


Communiqué de la CGT Rail de Reims.
http://cgtcheminots-reims.fr/news/news.php


Tom- 02/01/2011 20:14


Bonjour,

Je devais également me rendre à Metz ce 24 décembre. Tout comme un couple et un autre Monsieur qui voulait se rendre à Strasbourg, j'ai appris la suppression de mon train de 17 h et quelques
minutes en arrivant en gare.
Un Monsieur du bureau d'information de la SNCF s'est alors décarcassé comme un beau diable pour nous trouver une solution de rechange. Il a veillé à obtenir confirmation de la validité de cette
solution de rechange (un Charleville-Reims, Champagne TGV-Lorraine TGV) a demandé aux contrôleurs de nous tenir au courant pendant le trajet en TER de la possibilité d'une navette qui a été mise en
service, semble-t-il en urgence. Et la navette était bien là. Nous avions par ailleurs l'assurance de trouver un taxi en cas de défaut de cette navette ajoutée à la dernière minute.

Finalement, nous sommes bien arrivés à destination, avec du retard, mais j'ai pu réveillonner auprès des miens en la vallée de la Fensh. Les cheminots ont été admirables. Interrogé par mes soins
sur son programme de réveillon, l'agent de la SNCF m'a indiqué qu'il était sensé finir son service en début de soirée, mais qu'il prévoyait de rester sur place jusque 22 h, tout comme la veille et
l'avant-veille.

C'est ça qui est anormal. Que le fonctionnement d'une entreprise comme la SNCF dépende non pas de son organisation mais de la bonne volonté d'agents qui sacrifient leur vie de famille sans qu'on
leur demande rien et qu'ils n'aient en retour que du dénigrement. J'ai passé un très bon noël, c'est grâce à la SNCF et à ses agents.

Par ailleurs, ce que vous racontez sur cette grève est faux. D'abord, c'est pas que Sud, bouc émissaire caricaturale bien commode, qui est en grève. La CGT aussi. Sur le motif, c'est un peu plus
compliqué que ce que vous en dites. A la SNCF, vous pouvez poser vos congés des mois à l'avance, rien n'interdit à l'entreprise de changer les plannings. Cette fois, il semblerait que le planning
des congés ait été diffusé le Samedi 18 décembre. La plupart des cheminots ont découverts si ils avaient le droit de partir en vacance le lundi 20 ; parfois ils avaient posé leur demande de congé
pour ce jour-là. Dans ces conditions, vous comprenez bien qu'il est impossible d'organiser le séjour des enfants, des visites auprès d'un parent éloigné.
La direction de la SNCF a été informé de ce problème des mois à l'avance et elle a refusé toute discussion.

Cette grève était donc parfaitement légitime. D'autant qu'avec ce problème de congé, c'est en réalité l'organisation à flux tendus d'effectifs toujours moins nombreux qui est en cause.