Arrêtons le massacre

Publié le par modem08

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Il est urgent pour tous les responsables de se ressaisir et de comprendre que la mise à mort de François Hollande est un désastre pour la France. Même s’il a beaucoup déçu, son départ, ou une dissolution, dans l’état actuel du pays ne seraient pas la solution. Il faut donc laisser le gouvernement Valls obtenir la confiance au Parlement et il faut faire tout pour que le budget 2015 soit le reflet en actes des discours d’orientation du Président et du Premier Ministre. L’orientation est bonne, mais il faut accélérer pour que les actes suivent. La parution du livre de Valérie Trierweiler est un danger pour les institutions et un cadeau royal au Front National. François Hollande a eu le tort de ne s’être jamais engagé sur le plan familial. Il n’a pas épousé Ségolène Royal, la mère de ses quatre enfants, sans doute pour être plus libre dans ses frasques amoureuses. Valérie Trierwveiler, l’une de ses conquêtes, n’avait ni l’étoffe ni la moralité d’une première dame de France. Cela montre le côté peu exemplaire de la vie privée du Président. Mais cela doit rester dans la sphère privée et ne pas interférer dans les affaires d’Etat. Surtout, cela ne doit pas permettre d’aller jusqu’à affirmer un dédain du Président pour les plus démunis. On ne peut pas jouer avec ces images. On peut toujours trouver chez les Présidents successifs des mots maladroits ou blessants, mais on ne peut pas mettre en doute leur souci des plus faibles. Martin Hirsch, ancien président d’Emmaüs France et ancien ministre de Nicolas Sarkozy dit dans « Libération » : « Hollande fait partie de ces hommes politiques chez lesquels je n’ai jamais relevé la moindre remarque condescendante à l’égard des personnes défavorisées ou des faibles Jamais, jamais, jamais... Peut-être l’auteur du livre a-t-elle pris au vol une expression (les sans-dents) mais cela ne correspond pas à mon souvenir de plusieurs dizaines d’heures passées à évoquer ce sujet de la pauvreté avec François Hollande ». Les médias, souvent irresponsables, ont fait leurs choux gras de cette expression prêtée au Président sans qu’aucune preuve ne puisse en être apportée.
Dans le sondage paru ce week-end dans le « Journal du dimanche », au delà du souhait de 85% des français de ne pas voir François Hollande briguer un deuxième mandat, il est intéressant de voir que 23 % des français souhaitent qu’il arrive à convaincre des personnalités du centre et de la droite de participer au gouvernement. C’est leur premier souhait, à égalité avec celui de la dissolution. Ils ne sont que 12 % à souhaiter qu’il arrive à convaincre le Front de gauche et Europe Ecologie- Les Verts à participer au gouvernement. Il y a donc bien un courant populaire important pour soutenir les orientations prises. Dans ce même journal, Manuel Valls répond au sondage en disant : « Nous ne sommes pas encore à la moitié du quinquennat. Je ne crois pas que les Français souhaitent une crise institutionnelle qui se grefferait à la crise économique, sociale qui dure depuis des années. Cette crise est accentuée par une défiance généralisée, une abstention massive, des scores de plus en plus importants du F N. Face à ce constat, faut-il céder à la pression ? Non. Faut-il créer une crise institutionnelle ? Non. Cela ne réglerait aucun problème. Il faut tenir. ..Nous devons aller jusqu’au bout et convaincre les Français. Cela passe par le vote de la confiance, le 16 septembre. Cela passe aussi par une reconquête du cœur et des esprits de nos concitoyens par le Président qui prendra du temps ».
Le sondage IFOP du « Figaro » sur l’intention de vote des Français, si la présidentielle avait lieu ce dimanche, montre une très forte poussée de Marine Le Pen qui arriverait en tête au premier tour, quel que soit le candidat UMP. (32 % face à Fillon, 30 % face à Juppé et 28 % face à Sarkozy. Au second tour, François Hollande serait systématiquement éliminé et c’est Alain Juppé qui ferait le meilleur score face à Marine Le Pen avec 64 %, contre 60 % pour Nicolas Sarkozy et 57 % pour François Fillon. Au premier tour, François Bayrou ferait entre 11 % et 14 %, ce qui est supérieur à son score de 2012 (9,13 %) mais inférieur à celui de 2007 (18,5 %). Le score de Sarkozy est inférieur à celui de 2007 (31,18 %) et similaire à celui de 2012 (27,18 %). Dans la conjoncture actuelle, un duo Juppé à l’Elysée et Bayrou à Matignon, serait sans aucun doute ce qui remporterait l’adhésion du plus grand nombre de Français et qui ferait reculer le plus Le Pen.
L’intérêt supérieur de l’Etat commande aujourd’hui de se rassembler. S’il le faut, Manuel Valls doit gouverner par ordonnance. Le seul impératif est d’aller vite et d’envoyer un message clair à nos collègues européens et aux investisseurs. Sous Giscard d’Estaing, Barre a du aussi gouverner par ordonnance puisque les frondeurs de l’époque (Chirac et une partie du RPR) l’empêchaient de réformer la France. Ce fût une des meilleures périodes au niveau de la gouvernance. Quand l’intérêt supérieur du pays le commande, il faut passer au dessus des frondeurs. Je souhaite de tout cœur que Manuel Valls soit aujourd’hui ce que Barre fût en 1979.
                                                                            Jacques JEANTEUR

Publié dans Politique générale

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