France 3 et le Cabaret Vert. Une bévue nationale ?

Publié le par modem08

cabaret-vert-340-x-191Les dernières notes de musique fusent sur la Ville tout entière et sur le Cabaret Vert, qui ferme ses portes ce soir sur le site du square Bayard à Charleville-Mézières. Le festival de musiques actuelles devenu une référence dans le concert des rassemblements nationaux de l’été a réuni un large public qui s’étend au-delà des frontières régionales, voire nationales.

Pour sa neuvième édition, ce grand rendez-vous annuel, l’événement estival du Nord-Est de la France, aura sans doute de nouveau remporté un énorme succès voire dépassé le record de fréquentation de l’an dernier. Pour une réussite, ce sera sans doute un formidable succès dont le mérite revient à toutes celles et tous ceux qui y ont contribué – notamment les bénévoles sans qui rien ne serait possible – à des degré divers et dans les nombreux domaines que recouvre ce festival puisque au-delà de la musique, en tant qu’éco-festival, il implique l’écologie (produits éco-certifiés, ampoules éco-responsables, vaisselle jetable biodégradable, tri sélectif des déchets, toilettes sèches…), le développement durable (fournisseurs et prestataires du cru, productions locales et circuits courts de distribution, reconditionnement informatique, jeux et autres activités de sensibilisation…), la culture (la musique bien sûr mais aussi les arts cinématographiques y afférents, les arts de rue, la BD…), le patrimoine local notamment gastronomique (fabrications artisanales et locales) et l’économie sociale et solidaire comme par exemple la promotion et le développement des logiciels informatiques libres.

Avec plus de 70 000 festivaliers l’an dernier et probablement davantage cetteCabaret vert img 5604 année, ne serait-ce qu'au vu des 22 000 spectateurs pour la seule soirée du vendredi 23 août, l’ampleur de cette neuvième édition du Cabaret Vert conforte ce rendez-vous incontournable de l’été pour les amateurs de musique rock certes, mais également pop, reggae, punk, jazz et autres, tant la programmation recèle d’éclectisme.

Quelle formidable vitrine, quel rayonnement socio-économico-écolo-culturel que ce rassemblement national voire international pour la Ville de Charleville-Mézières certes, mais également pour le Département des Ardennes et la Région Champagne-Ardenne ; et ceci qui plus est, à destination d’un public essentiellement constitué de jeunes qui viennent s’amuser et s’éclater, peut-être pour certains afin d’oublier la dure réalité de leur condition !

La chaîne de télévision France 3 dans sa version Champardennaise ne s’y trompe pas puisqu’elle assure au Cabaret Vert une couverture médiatique quotidienne en lui consacrant chaque soir dans son édition d’information le « 19/20 », une retransmission en direct depuis le site du festival, des événements du jour grâce à ses journalistes présents sur le site pour concocter des reportages sur la vie du festival, des interviews des artistes, des groupes musicaux, des organisateurs et des acteurs, des sondages de festivaliers, des annonces de la programmation ; bref tout ce qu’il est intéressant de connaître sur le sujet. Les journalistes de France 3 Champagne-Ardenne auxquels il faut associer ceux de la presse écrite locale qui n’a pas été en reste, ne peuvent qu’être félicités.

logo france3Hélas, la vision du Cabaret Vert n’a pas le même retentissement au sein des studios parisiens de France 3 et probablement de la presse nationale. Il n’est même pas exagéré de constater qu’en fait de vision c’est très objectivement de l’aveuglement.

En effet, samedi soir, juste après l’édition régionale du « 19/20 » de Champagne-Ardenne où l’on venait comme chaque soir de voir et d’entendre avec intérêt l’actualité du jour du Cabaret Vert, comme à l’accoutumée le journal national enchaînait comme par hasard avec un reportage sur les festivals de musique de l’été en France.

Il y fut question en premier lieu (tiens, tiens !) de « Rock en Seine » à Saint-Cloud (le dernier grand rendez-vous de l’été paraît-il qui dure 3 jours et se termine en même temps que le Cabaret Vert), de « Solidays » festival au profit de la lutte contre le Sida (170 000 spectateurs sur l’hippodrome de Longchamp), des « Européennes de Belfort » (25ème. année), de « Métalorgie Fest » à Nantes (qui a eu lieu en avril), de « Main Square Festival à Arras », des « Vieilles Charrues » à Carhaix dans le Finistère (20ème. année), de « No Logo » à Fraisans dans le Jura (9 000 visiteurs), point final. Du « Cabaret Vert », que nenni pas un mot, même pas mentionné alors que jeudi l’inauguration fut honorée de la présence du Ministre du Budget qui a notamment remarqué la volonté et le dynamisme des Ardennais pour se sortir du marasme socio-économique qui est le leur, circulez « y-a rien à entendre, y-a rien à voir ». Le reportage se terminait par l’interview du directeur du festival « Rock en Seine » (Paris encore et toujours, le nombril de la France !) qui nous apprenait qu’avec 850 festivals recensés cet été, « le marché des festivals de rock en France est assez proche de son niveau de saturation » ; ce qui est vrai de toute évidence mais ne justifie pas tout. Ah au fait ! Le « Festival du Bout du monde à Crozon », début août, a aussi été omis ; il faut conseiller aux Finistériens de changer ce nom ; « bout du monde » pour les Parisiens c’est trop loin !

Serait-ce la distance, la durée, l’ancienneté, la fréquentation ou la saturation qui a fait oublier aux journalistes de France 3 national le « Cabaret Vert » de Charleville-Mézières avec ses 4 jours de musique quasiment non stop, ses bientôt 10 ans d’existence, ses 75 000 spectateurs et son autofinancement à hauteur de 80 % ? Ou alors : une bévue peut-être ?

                                                                           Michel TONON

                                                                         MoDem Ardennes

Publié dans Société

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Ludovic 26/08/2013 13:49

Moi aussi je fus surpris de cette absence de commentaires sur FR 3 national alors que le ministre du budget était présent et surtout, rendre hommage aux centaines de bénévoles aurait été
encourageant. Pour Paris et les régions du sud, les Ardennes sont, sans aucun doute, un pays lointain, plein d'icebergs l'hiver. Mais n'y a t-il pas aussi des élus qui ne savent pas nous
représenter, faire connaitre le département ?