Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 17:36

bayrou-voeux

 

 

Dans son éditorial du « Point », Franz Olivier Gisbert écrit : « Une des grandes constantes de la profession journalistique est de considérer que l’avenir est du présent qui se perpétue. C’est ce qui explique qu’elle se trompe si souvent…C’est ainsi que la bonne presse avait naguère annoncé, sur la foi des sondages, la victoire programmée de Balladur en 1995 ou de Jospin en 2002. Cette fois, elle risque le collapsus : la conjoncture économique aidant, nous ne sommes pas à l’abri de surprises et de retournements ; une nouvelle déflagration financière pourrait changer totalement la donne. Elle pourrait profiter à Nicolas Sarkozy, toujours à son meilleur dans les situations de crise, aussi bien qu’à François Hollande, incarnation vivante du consensus social, ou à François Bayrou, qui, à coups de prophéties vérifiées sur l’état économique du pays, s’est sculpté un personnage à mi chemin entre Barre et Churchill ». Tout le monde s’accorde sur le fait que 4 candidats peuvent accéder au second tour, soit par ordre alphabétique : Bayrou, Hollande, Le Pen, Sarkozy. Seuls 3 peuvent gagner le second tour : Bayrou, Hollande et Sarkozy. Parmi les 6 combinaisons possibles du 2ème tour, la plus improbable aujourd’hui, me semble pouvoir être probable dans la dernière ligne droite : un duel Bayrou-Le Pen.

 

Ce qui est caractéristique, pour l’instant, de cette campagne, c’est le niveau catastrophique du débat entre le PS et l’UMP. Il semble que leur seul but est de casser l’autre, de le disqualifier et de prendre le contre-pied systématique de ce qu’il dit. Le fait que l’UMP ait créé une « cellule riposte » pour éplucher tous les mots du camp Hollande, et y répondre dans la minute par des salves d’injures ou de propos ironiques, est une hérésie en démocratie responsable. Le PS n’a rien trouvé de mieux que de créer sa propre « cellule riposte ». La presse fait son beurre de ces petits mots ou petites phrases qu’elle diffuse en boucle. Au lieu de transmettre que les éléments d’information sur le vrai débat démocratique pour affronter la crise, elle donne la priorité aux petites phrases qu’elle a réussi à faire dire par des questions vicieuses. La vraie campagne électorale n’a pas commencé. Elle ne débutera que début mars. Le 1er tour a lieu le 26 avril, c'est-à-dire dans plus de 3 mois. Il est donc normal que le détail des programmes ne soit pas encore dévoilé. Nous sommes donc davantage dans un affrontement de forme que de fond. Les grandes lignes des uns et des autres sont tracées, mais leur déclinaison au niveau des grands chapitres, et leur estimation financière sont encore en cours d’élaboration. D’un côté, on voit un Président présent sur tous les fronts, en véritable chef des pompiers pyromanes. Certes il agit, mais dans un tel désordre et une telle excitation que cela développe plus la peur que la confiance. De son côté, François Hollande, et surtout le PS, semblent inconscients de la réalité de la situation. Ils font croire que l’on pourra sortir de la crise par une seule redistribution des richesses, sans demander un effort collectif. Nous payons dans ce débat les deux grandes erreurs des 30 dernières années : le raccourcissement trop important de la durée du travail (retraite à 60 ans, 5 semaines de congés payés, semaine de 35 heures) et l’injustice fiscale insupportable au travers du bouclier fiscal et de toutes les mesures favorables à la petite minorité des plus hauts revenus.

 

Seul François Bayrou ne fait pas d’effet d’annonce, et ne se prête pas aux petites phrases assassines sur les autres. Il avait dénoncé ces dérives et ces mensonges au cours de ses deux campagnes présidentielles précédentes. Il peut donc être serein et au dessus de la mêlée. La situation actuelle engage la responsabilité de la gauche comme de la droite. En réalité, « Gouverner, c’est prévoir ». En dehors de tout clivage partisan, il travaille avec de nombreuses personnes qualifiées sur un agenda 2012-2020, comme Gerhard Schröder l’avait fait en Allemagne en 2004 avec son agenda 2010, et son paquet de réformes structurelles. J’ai participé samedi au premier des 4 forums qui préparent cet agenda, qui sera la ligne de conduite de son projet présidentiel. Ces orientations, ces objectifs qui vont en sortir, feront l’objet de lois cadre dès le début du quinquennat. Ce n’est pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur que viennent nos faiblesses. Nous avons voulu suivre le modèle anglo-saxon de la dérégulation. D'un pays d’ingénieurs et de créateurs, nous avons voulu devenir un pays de financiers. Nous devons donc changer de modèle, et nous devons le faire ensemble, au travers d’une union nationale indispensable à notre redressement intérieur, et indispensable pour retrouver la confiance de ceux à qui nous sommes obligés d’emprunter. François Bayrou a rappelé son « obsession depuis des années de cohérence et l’abonnement à la persévérance. Ce furent des qualités de résistance. Ce peuvent être des qualités de présidence ! ». Au-delà des sondages qui montrent sa progression forte et constante, le plus important est l’image de sérieux et de confiance qu’il donne auprès des français. Rien n’est joué, tout est possible, y compris bien sur la présence de François Bayrou au second tour.

 

 

                                                                               Jacques JEANTEUR

                                                                                 MoDem Ardennes

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 11:23

Europe écologie - Logo

La manière dont les verts ont négocié leur accord de législature avec le PS relève plus de la magouille que de la défense de convictions. La presse unanime a fait ressortir l’échange honteux du nucléaire contre quelques dizaines de circonscriptions. Ce sont Cécile Duflot et Martine Aubry qui ont mis au point ensemble ce marché de dupes, qui risque d’affaiblir fortement la candidature de François Hollande, mais aussi l’image de la France à l’extérieur. En fait, les verts sont des partenaires beaucoup plus extrémistes que les communistes. Ils sont plus rouges que verts, et plus réactionnaires qu’écologistes. L’écologie n’étant pas partisane, ils ont fait un hold-up sur le sigle à des fins partisanes. Claude Allègre, homme de gauche, ne craint pas de dire : « En tant qu’ancien ministre socialiste, je considère cet accord comme une félonie allant à l’encontre de ce qu’ont fait François Mitterand et Lionel Jospin... Les Verts ont toujours été fous. Ils sont semblables au Front National, de l’autre côté de l’échiquier politique, posant les bonnes questions et donnant les mauvaises réponses ».

J’avais trouvé que la position initiale de François Hollande sur le nucléaire était respectable, en disant qu’il fallait, à l’horizon 2025, faire passer la part du nucléaire dans la production énergétique de la France de 75% à 50%. Le grenelle de l’environnement visait déjà à porter la part des énergies renouvelables entre 20 et 25% en 2020, sachant que l’hydraulique et les autres énergies renouvelables représentent actuellement 14% et les énergies fossiles (gaz ou pétrole) 10%. Ces propositions permettaient au débat sur le nucléaire de se dérouler sereinement et intelligemment. La grande majorité des français est favorable au maintien du nucléaire, tout en souhaitant que les efforts se poursuivent pour améliorer encore la sécurité des centrales et, le traitement des déchets. La majorité souhaite simultanément que les énergies renouvelables (éoliennes, solaire, biomasse…) se développent progressivement et de manière compétitive. En introduisant l’oukase de l’arrêt total du nucléaire, les verts ont fait du terrorisme, auquel le PS n’aurait jamais du céder. Eva Joly a le profil d’une révolutionnaire froide. Elle ne peut pas être dans la course du second tour. Il n’y avait donc aucun intérêt électoral à céder à ses injonctions. La démocratie lui permet de s’exprimer. Cela est sain. Mais, il est sain aussi de permettre à l’intérêt général de prendre le pas sur les intérêts partisans. La cacophonie de ces derniers jours au sein la gauche sur le nucléaire nuit profondément au débat fondamental sur les sources d’énergie et sur les économies d’énergie indispensables. La riposte de Nicolas Sarkozy parlant de retour à la bougie est tout aussi caricaturale et n’engage pas le débat. Je comprends la lutte d’Eva Joly contre les lobbies, mais l’indépendance énergétique de la France va très au-delà du lobby d’Areva et d’EDF. Elle-même pourrait être accusée d’être soumise aux lobbies des entreprises d’énergies renouvelables. En parlant de ses alliés PS, avec lesquels les verts envisagent de gouverner, elle ne craint pas de dire : « Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d’être du bois dont on fait les marionnettes et, on ne me fera pas croire que c’est bon pour la politique ». Tous ces dérapages verbaux nous éloignent du vrai débat sur l’évolution souhaitable des sources d’énergie. Les allemands ont cédé devant les verts pour décider de l’arrêt total du nucléaire qui ne pèse chez eux que 22% alors que les centrales au charbon, beaucoup plus polluantes et émettrices de CO2 pèsent plus de 40%. Ce n’est pas un modèle à suivre.

On ne peut limiter le débat au seul volet écologique. Nous payons en France notre électricité beaucoup moins chère que dans beaucoup d’autres pays, grâce à l’énergie nucléaire, ce qui est un facteur évident de maintien d’un tissu industriel gros consommateur d’énergie. Nous avons aussi des milliers de personnes qui travaillent dans la recherche et qui font progresser de manière importante la sécurité. Nous ne devons pas oublier que notre pays est arrivé au nucléaire civil par le nucléaire militaire. Un sous-marin nucléaire est en soi une petite centrale nucléaire. Personne n’en parle, mais la sortie du nucléaire civil devrait impliquer aussi celle du nucléaire militaire. On peut estimer à 400 000 les emplois dans le secteur, dont 125 000 emplois directs. Les verts disent que le développement des énergies renouvelables compenserait largement en termes d’emplois l’arrêt des installations et des constructions de centrales nucléaires. Pourquoi ne pas développer l’emploi dans toutes les filières. Je pense que la sagesse consiste à maintenir un niveau important d’énergie nucléaire, en renouvelant progressivement une partie de nos centrales avec des centrales de nouvelle génération, comme les EPR et, qu’il faut simultanément développer la part des énergies renouvelables, notamment la biomasse et les éoliennes maritimes et terrestres. Cela exige une régulation forte et constamment adaptée aux progrès des connaissances en matière de sécurité. Les installations françaises sont parmi les plus sûres, mais elles doivent encore s’améliorer. Le traitement des déchets nucléaires est sans doute le problème le plus important, mais des progrès très importants sont faits et on peut imaginer leur réutilisation. Nous devons garder notre indépendance énergétique en diversifiant nos sources de production, mais aussi en améliorant sans cesse leur rendement et leur sécurité. Actuellement, nous exportons pour 25 milliards d’électricité d’origine nucléaire et de savoir faire dans le domaine nucléaire. Une réduction trop forte et trop rapide chargerait dangereusement la barque de notre dette. Il faut aussi prendre en considération cet aspect.

Enfin, il faut donner la priorité aux économies d’énergie de toute nature. Un ménage allemand consomme environ 30 % de moins d’énergie qu’un ménage français, selon Jean-Louis Bal, Président du syndicat des énergies renouvelables. Nous pouvons encore progresser dans l’isolation de nos bâtiments, dans la consommation de nos véhicules, mais aussi dans notre lutte contre le gaspillage (éteindre en sortant d’une pièce, baisse de la température dans les pièces inoccupées…). J’espère que le débat sur le nucléaire ne sera pas enterré par le piteux accord politicien et électoral entre le PS et les verts-rouges. Il mérite mieux que cela.

                                                                              Jacques JEANTEUR

                                                                            Mouvement Démocrate

 

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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 19:30

Berlusconi

Enfin, il est parti, et espérons que cela sera sans retour possible. Son obsession du pouvoir et son obsession de le garder pour éviter la justice et peut-être la prison, ont coûté cher à son pays et à l’Europe. L’Italie est un des 6 pays fondateurs de l’Europe. Sa défaillance financière, et surtout morale, porte un grave préjudice à son peuple et au peuple européen. « Libération » a titré « Ciao ! » en le montrant de dos pour bien signifier qu’il partait. L’éditorial de Pierre Rousselin dans le « Figaro » titrait le même jour : « Pour sauver l’euro, Berlusconi doit partir ». Il y écrit : « Celui que l’on nommait « Il cavaliere » est devenu la caricature de lui-même, l’incarnation de la faillite d’une certaine élite européenne, aussi arriviste que nombriliste…La crise de la dette est avant tout une question de confiance. Là aussi le président du Conseil a épuisé tout son capital. Sa parole est tellement dévaluée que l’annonce de sa démission prochaine n’a pas suffi à rassurer. Il a fallu mettre Rome sous tutelle du FMI et de la commission européenne. Même cela n’a pas calmé la tempête ».

Vincent Giret écrit de son côté dans son éditorial de « Libération » : « L’histoire retiendra surtout la manière singulière dont Georges Papandréou et Silvio Berlusconi ont été éjectés. Ce ne sont pas des foules de manifestants en colère (encore que la rue a amplifié le débat), mais les agences de notation et les marchés financiers qui ont crié un retentissant « dégage » à ces deux dirigeants soudain discrédités. Le coup de grâce fût donné à Cannes par le couple franco-allemand, érigé en directoire de l’Europe, et infligeant à ces deux premiers ministres une humiliation qui devrait entrer dans la légende. Un paradoxe heureux se profile pourtant en Grèce comme en Italie : à Athènes, une union nationale, hier impensable, se dessine pour tenter d’éviter le naufrage ; à Rome, les italiens se voient enfin débarrassés d’un mégalo sans scrupules dont les pathétiques facéties ruinaient chaque jour davantage leur crédit ». En titrant son éditorial « Enfin une bonne nouvelle pour l’euro », le « Monde » va dans le même sens en écrivant : « Le cavaliere paie ici pour des années de magouilles politico-affairistes, de manipulations de la justice, de frasques felliniennes, bref, des années de gouvernance « bunga bunga » qui ont épuisé son capital politique. Il y a une justice à ce départ sous la pression des marchés. C’est la contribution de Silvio Berlusconi à la sauvegarde de l’euro ».

La nomination de Mario Monti devrait permettre de rassurer les marchés et d’engager les réformes nécessaires à la tête d’un gouvernement d’entente nationale, indispensable dans cette période de crise. C’est le président de la République, Giorgio Napolitano, 86 ans, qui l’a nommé et qui s’emploie ainsi à sauver l’image et la réputation de son pays. « Le Monde » le décrit ainsi : « surnommé le prince rouge, en raison de ses manières élégantes et de sa filiation politique, (ancien député communiste), culturellement et idéologiquement aux antipodes de M. Berlusconi, il a pris soin de ne se laisser entraîner dans aucune polémique avec lui. Cette réserve d’un homme du sud, profondément attaché à ses racines, lui vaut un statut à part entre l’ange gardien et la statue du commandeur. Avec son épouse Clio, ils forment un couple à la Yvonne et Charles de Gaulle en plus riant. Dans les sondages, son indice de bonnes opinions n’est jamais descendu sous les 80 % ». Mario Monti est un économiste universitaire rigoureux. A 68 ans, il n’appartient à aucun parti politique et a été commissaire européen respecté de 1995 à 2004. Son premier et bref message a été clair : « Le pays doit redevenir un élément de force, non de faiblesse, dans une union européenne dont nous avons été parmi les fondateurs…L’Italie peut vaincre la crise grâce à un effort collectif ». Il a toujours lutté contre les intérêts particuliers en ne défendant que l’intérêt général. C’est un homme intègre, rigoureux, indépendant, disposé à servir son pays et l’Europe. C’est donc une bonne nouvelle dans ce contexte de crise et d’incertitudes.

Ces secousses grecques et italiennes, après celles de l’Irlande, de l’Espagne et du Portugal, font craindre que la France soit la suivante sur la liste. Le comportement actuel de Nicolas Sarkozy est correct, mais il a été tellement mauvais dans les premières années de son quinquennat, avec son côté bling-bling et son népotisme, que la confiance qu’il inspire aux marchés reste fragile. Les deux plans de rigueur annoncés en quelques mois manquent de cohérence, de justice et surtout de lisibilité. Tout le monde parle d’un 3ème plan qui pourrait arriver assez vite. Au lieu de s’envoyer des critiques acerbes et des attaques personnelles de bas niveau, nos responsables de droite et de gauche, feraient mieux de se rencontrer, de discuter, de se respecter et de donner à l’extérieur l’image d’une France responsable à qui l’on peut faire confiance. « Courrier International » titre sur « Le vrai état de la France révélé par la presse étrangère ». On peut y lire par exemple dans le magazine anglais Prospect : « Sarkozy n’a ni la cohérence ni l’envergure requises pour la fonction présidentielle. Le chef de l’Etat est un guérillero et non un stratège, et ses initiatives, pour l’essentiel, n’ont guère eu les effets escomptés…Mais, en face, le parti socialiste doit encore élaborer une politique économique convaincante au lieu de se contenter de surfer sur l’impopularité de Sarkozy ». En Allemagne, le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » dit : « L’austérité qu’il prône est plus symbolique que substantielle ». A Madrid, « El Pais » écrit : « C’est l’Allemagne qui décide des délais, des moyens, des montants. La France rame dans son sillage, s’efforçant de mettre un peu d’humanité et de chaleur là où Berlin ne voit que joueurs de bonneteau, gaspillage et indiscipline ». A Londres, le « Financial Times » écrit : « Nicolas Sarkozy fait preuve de mauvaise volonté en se faisant le chantre d’une tradition gaulliste dont l’objectif premier est de protéger les pouvoirs présidentiels de l’immixtion européenne, quel qu’en soit le prix pour l’efficacité collective de l’Europe…La France doit dépasser l’histoire de la Vème République et apprendre à s’accommoder d’une organisation plus fédérale du pouvoir. Merci, mon général, bonjour, Monsieur Monet ». Dans ce qui arrive aux italiens, et qui pourrait bien nous arriver plus vite que prévu, sachons nous rassembler et rester humbles.

                                                                                        Jacques JEANTEUR

                                                                                     Mouvement  Démocrate

 

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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 19:04

ET ou l'élu territorial

Les conseillers généraux et les conseillers régionaux vont disparaître en application de la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 février 2010. A la prochaine échéance, en mars 2014, le conseiller territorial s’y substituera pour siéger à la fois au conseil général de son département d’élection et au conseil régional correspondant.


Mesure phare et emblématique de cette loi de réforme, l’institution du conseiller territorial fait partie des dispositions les plus controversées de la nouvelle organisation territoriale. Les arguments soulevés par les différentes saisines auprès du Conseil constitutionnel révèlent les questionnements des parlementaires, indépendamment des clivages politiques habituels. Les arguments, pour la plupart balayés sans ménagement par le juge constitutionnel qui a validé la loi dans son ensemble, visaient aussi bien le principe du conseiller territorial, que ses modalités de mise en œuvre, notamment électives.


Deux arguments méritent une attention particulière :


Une liberté de vote réduite - L’obligation faite aux électeurs d’élire, par un seul et même vote, une ou un candidat(e) appelé à siéger au conseil général et au conseil régional, les priverait de la faculté d’opérer un choix différent en fonction de son programme départemental d’une part et, de son programme régional d’autre part. En conséquence, comment l’électeur pourra-t-il sanctionner par un même vote des situations et des compétences aussi différentes et, probablement gérées aussi différemment, que celles existant dans les régions et les départements ? Quelle voie s’offre à lui, autrement que l’extrême politisation du scrutin territorial ou, au contraire, son extrême personnalisation ? Il est donc bien question, dès lors, de la liberté de vote des électeurs.


Une parité malmenée – Le mode de scrutin choisi - scrutin majoritaire uninominal à deux tours, porterait atteinte à l’objectif d’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux (Constitution, art. 1er.). Il est vrai que le scrutin majoritaire n’a jamais été considéré comme favorisant la parité. Le Conseil constitutionnel a néanmoins affirmé que les dispositions critiquées ne portent, par elles-mêmes, aucune atteinte à la parité, eu égard à la faculté que le législateur tient de la Constitution (article 34) de fixer le régime électoral des assemblées locales. Joli tour de passe-passe !


Seule la répartition des conseillers territoriaux a été sanctionnée par le juge. A l’appui du mode de scrutin mis en place par la loi, le législateur a annexé un tableau fixant la répartition des conseillers territoriaux par région et, par département à l’intérieur de chaque région. Le Conseil constitutionnel a jugé que la modalité selon laquelle toutes les régions dans lesquelles le ratio d’un département s’écartait de la moyenne régionale de plus de 20 %, en plus ou en moins, méconnaissait le principe d’égalité devant le suffrage (exit la parité !). C’est donc l’ensemble du tableau de répartition annexé à la loi qui a été déclaré contraire à la Constitution. La question de la faisabilité politique et parlementaire de ce tableau devra donc être réglée par le projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale, en instance d’examen au Sénat.


Sceller le couple région-département, tel est l’objectif général qui peut effectivement résumer la création du conseiller territorial. La représentation de ces deux niveaux de collectivités territoriales par une seule catégorie d’élus doit permettre de renforcer la coordination et la solidarité entre eux, à défaut de les départager et de ne pouvoir trancher, toujours des demi-mesures !


Etant composés des mêmes élus, régions et départements pourront mieux articuler leurs actions, en respectant leurs compétences et leurs spécificités, allons donc on s'enfonce ! C'est là où le rôle du conseiller territorial sera le plus lourd car, il devra être capable de penser « global » et « local » en même temps.


Global, lorsqu'il siégera à la région, pour « dire » ce que doit être l'intérêt régional qui s'attache à l'exercice de compétences requérant une « vision stratégique d'avenir » ; local, lorsqu'il siégera au département afin de développer une vision de proximité qui caractériserait les compétences départementales. Quand on constate, à quelques exceptions notables, la difficulté de déterminer un intérêt communautaire au sein des intercommunalités, on peut légitimement s'interroger pour la région demain ! Force est de constater que le conseiller territorial devra « muter », pour adapter sa pratique politique à l'extrême complexité dans laquelle il va devoir évoluer.


Se pose une question fondamentale : que sera le conseiller territorial ? Un élu d'un nouveau type, éloigné des seules préoccupations de proximité pour dire l'intérêt régional tout en bénéficiant d'une assise territoriale nouvelle ? Ou les pratiques spécifiques de tel ou tel mandat vont-elles prendre le dessus ? Le conseiller territorial n'aura-t-il comme seule préoccupation que sa réélection et donc son canton au détriment de la région ou, saura-t-il développer une logique régionale au risque parfois de délaisser ses intérêts spécifiques ?


La double vision nécessaire sera particulièrement exigeante pour cet élu qui, tel un Janus 1 territorial, aura deux visages, mais qui devra surtout développer une force et une capacité herculéenne pour y parvenir... un élu du 3ème.type, un « mutant » en quelque sorte ! Bref, E.T. dans les Territoires !

 

                                                                                   Michel TONON

                                                                              Mouvement Démocrate

1  En référence à ce Dieu à double visage de la mythologie romaine.


 

Dernière nouvelle du 13 octobre 2011 :

Les sénateurs vont débattre le 2 novembre de la suppression du conseiller territorial

Les sénateurs socialistes devaient demander mercredi soir 12 octobre 2011 l'inscription à l'ordre du jour du Sénat de deux propositions de loi, dont l'une inclut la suppression du conseiller territorial, a annoncé François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat (la seconde proposition concerne l'obligation de scolarisation dès l'âge de 3 ans, c'est un autre sujet).


« Nous voulons envoyer très vite un message aux élus locaux : nous voulons la suppression du conseiller territorial », qui doit remplacer le conseiller général et le conseiller régional en 2014 aux termes de la réforme des collectivités locales de 2010, a annoncé M. Rebsamen devant la presse.


La demande de suppression du conseiller territorial se fera sous la forme d’un amendement à une proposition de loi du socialiste Jean-Pierre Sueur, déposée le 19 septembre sur le bureau du Sénat.


L’inscription à l’ordre du jour de cette proposition – relative aux mandats des délégués intercommunaux – « va nous permettre de rouvrir le débat sur la réforme territoriale », a ajouté François Rebsamen.


Abrogation de la réforme – Les socialistes n’ont pas caché qu’ils voulaient l’abrogation de la réforme territoriale qui « doit être entièrement repensée », selon l’expression du président du Sénat, Jean-Pierre Bel.


Une des raisons de la victoire de la gauche aux dernières élections sénatoriales est le mécontentement des grands électeurs – donc des élus locaux – face à la réforme territoriale votée l’an dernier par la majorité.


La discussion de la proposition de loi de Jean-Pierre Sueur devait être inscrite, mercredi soir, lors de la conférence des Présidents, à l’agenda du Sénat le 2 novembre prochain.

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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 14:43

Hollande photoLes primaires socialistes ont été un franc succès démocratique, reconnu par tous les observateurs. Plus de 2,5 millions de personnes ont voté dans près de 10 000 bureaux de vote. Comme je l’avais annoncé la semaine dernière, j’y ai participé en votant pour Manuel Vals. Il s’agit maintenant de voter pour le 2èmetour et cela devient moins facile. Le succès d’Arnaud Montebourg montre que de nombreux français n’ont plus confiance dans les clans traditionnels et, qu’ils recherchent des nouvelles figures pour porter leurs espoirs. Pour moi, il y a chez lui, le meilleur et le pire. Je suis tout à fait d’accord sur le besoin de refonder la république, qui a été dévoyée depuis 1981. Je suis totalement d’accord avec lui sur la priorité à donner à la lutte contre la corruption. En revanche, son discours très populiste sur la dé-mondialisation rappelle trop ceux de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. Comme eux il a voté non au référendum sur la constitution européenne. Ce miroir aux alouettes, populiste, serait une catastrophe pour la France.


Il y a deux points essentiels qui n’ont pas été assez présents dans le débat : l’Europe et la dette. François Hollande propose de fusionner les postes de Président du Conseil européen et celui de Président de la commission en confiant au nouveau poste la gouvernance économique de la zone euro. Martine Aubry propose aussi un gouvernement économique européen. François Hollande préconise un fédéralisme budgétaire et fiscal et notamment, comme Martine Aubry, la taxe sur les transactions financières qui donnerait à l’Europe les recettes dont elle manque. Il préconise la création d’eurobonds, emprunts européens. Elle préconise la règle du juste échange dans les relations commerciales internationales. Elle souhaite la création d’une agence franco-allemande de l’énergie, premier pas d’une communauté européenne des énergies. François Hollande est assez proche de cela, mais ses propositions sont peut-être moins précises, malgré une ambition générale plus forte. Au niveau de la dette, seul Manuel Vals en a parlé clairement avec un vrai sens des responsabilités. François Hollande envisage de faire voter une loi de programmation pluriannuelle de 5 ans fixant le retour à l’équilibre des dépenses publiques. Toutefois, il convient que cet équilibre ne peut être atteint sans croissance économique, ce qui risque d’être difficile. En positif, il parle d’une réforme fiscale de grande ampleur en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, et en rapprochant la taxation du capital de celle du travail. Martine Aubry propose de supprimer 10 milliards de niches fiscales sur les 70 actuelles, de baisser à 20% l’impôt sur les sociétés pour celles qui investissent et de le monter à 40% pour celles qui privilégient les dividendes. Elle veut supprimer les aides aux heures supplémentaires et en affecter le montant à un vaste plan pour l’emploi des jeunes.


Il est aussi important de connaître les équipes de chaque candidat. Chez François Hollande, j’apprécie son coordinateur, Pierre Moscovici, ancien ministre des affaires européennes, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jérôme Cahuzac, président de la commission des finances de l’Assemblé nationale, Alain Rousset, président de l’association des régions de France. Je note qu’il a le soutien régional de Jean-Paul Bachy, ce qui est pour moi positif. Il a surtout reçu le soutien immédiat et sans condition de Manuel Vals. Chez Martine Aubry, son directeur de campagne est François Lamy, proche de Jacques Delors, directeur de l’organisation mondiale du commerce (OMC), depuis 2005. Je note la présence positive d’Axel Kahn homme d’éthique et de progrès. Elle a le soutien clair du maire de Paris Bertrand Delanoé. Je note qu’elle a le soutien très actif de Claudine Ledoux, ce qui est pour moi très négatif.


Il est normal de trouver des qualités et des défauts dans chaque équipe, des sources d’espérance et des sources de crainte. Ce qui ne serait pas crédible, c’est la course aux voix d’Arnaud Montebourg au prix de concessions programmatiques. Si l’un des deux apparaît clairement comme l’héritier des idées d’Arnaud Montebourg, je considère qu’il serait souhaitable qu’il soit éliminé.


En conclusion, sauf rapprochement de dernière heure avec Arnaud Montebourg, je voterai pour François Hollande, le plus proche des idées soutenues par Manuel Vals, qui est celui qui m’a donné envie de participer à ces primaires.


                                                                                                              Jacques JEANTEUR

                                                                                                            Mouvement Démocrate

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portrait DarkaouiLa Présidence élue par les adhérents.
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Jean-François LECLET –  Anne-Marie LOGEART – Jérôme BARRé, Vice-Présidents.

Le Bureau départemental composé de dix membres : le Président, les quatre Vice-Présidents, le Conseiller national (Marie-France WIATR), la Déléguée départementale chargée des relations avec le siège du Mouvement (Isabelle FAIRY) ainsi que trois membres désignés par le Conseil départemental: Michel TONON (Trésorier), Rosine NAGY et Guillaume MASSELLO.

Le Conseil départemental composé de vingt membres élus par les adhérents : Paul BAILLY - Isabelle FAIRY - Jérôme BARRé - Rosine NAGY - Allaoui DARKAOUI  - Marie-Josée TONON - Jacques JEANTEUR - Pierre LECLERCQ - Jean François LECLET - Christophe LE CLEZIO - Guillaume MASSELLO - Gérard SAINT-MAXIN - Michel TONON - Benjamin SZWARC - Goéry VALANCE - Stanislas WIATR.


Les Représentants du Département à la Conférence nationale (neuf membres élus par les adhérents) : Paul BAILLY - Jérôme BARRé - Rosine NAGY - Allaoui DARKAOUI - Marie-Josée TONON - Guillaume MASSELLO - Michel TONON.

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