Etre fiers de nos entreprises

Publié le par modem08

Entreprise - Essaim abeillesUn éditorial récent du « Monde » titrait : Les entreprises, avenir de la France. » Dans cette période difficile, où il faut à la fois réduire la dette et relancer l’économie, il est urgent de remettre les entreprises à l’honneur et de cesser de les dénigrer. Comme l’écrit Jacques Julliard dans « Marianne » : « La France vogue à pleines voiles vers le déclin industriel, et elle est encore loin d’en avoir pris pleine conscience. Or, la justice sociale est infiniment plus difficile à imposer dans un pays en récession que dans un pays en pleine croissance. Le redressement industriel est donc la priorité absolue, non seulement en matière économique, mais en matière sociale…On voit mal pour le moment se dessiner les lignes de la grande politique industrielle dont la France a un besoin vital. Pour cela, il y faut l’adhésion du peuple et la confiance des acteurs économiques. Un général en chef, quelle que soit la situation, est avant tout un organisateur de la confiance…Pour réussir, François Hollande, il faut organiser la confiance ». Cette confiance, elle demande un effort de tous, l’abandon des postures caricaturales et stupides de certains à gauche comme à droite.

 

D’un côté la droite libérale, responsable des dix dernières années de croissance folle de la dette, tire à boulets rouges sur François Hollande, alors qu’il s’apprête à faire voter le pacte européen et qu’il présente le budget le plus courageux et le plus rigoureux depuis très longtemps. C’est totalement irresponsable et ne laisse pas augurer d’une alternance future positive. L’opposition parle sans cesse de l’obligation d’abaisser le coût du travail par le bais de la TVA sociale. Or, Nicolas Sarkozy l’avait refusée en 2007 au moment où Jean-Louis Borloo avait ouvert le débat lors des législatives. Il était alors plus important de sauver le siège de quelques députés UMP que de favoriser les entreprises. Ce comportement a tué la TVA sociale. Les volte-face n’ont jamais été la preuve de convictions profondes. Pour moi, il est clair que l’UMP a toujours privilégié les grandes entreprises, leurs actionnaires et dirigeants plutôt que les salariés et les demandeurs d’emploi. La politique fiscale et économique a été profondément injuste, et nous en payons le prix. Quand Nicolas Sarkozy disait qu’il partirait avec 5 % de chômeurs, que les hauts fourneaux de Lorraine ne fermeraient pas et qu’il irait chercher la croissance avec les dents, il savait pertinemment qu’il mentait. Je demande donc à l’UMP un peu d’humilité dans la situation actuelle.

 

De l’autre côté, une partie de la gauche, du PC aux verts, est toujours dans la lutte des classes. Il leur faut faire payer ces sales patrons et il faut refuser tout licenciement, comme si ces discours incantatoires, archaïques et mensongers pouvaient aider la France à sortir de la crise. Nicolas Sarkozy avait voulu dresser les travailleurs contre les chômeurs, ce qui était intolérable, mais la gauche a commencé son quinquennat en chargeant abusivement les entreprises et en clouant au pilori les patrons. Arnaud Montebourg, notamment a eu un discours scandaleux et irresponsable sur la famille Peugeot.

 

Faut-il pour autant désespérer ? Je ne le pense pas. Le défaitisme n’a jamais fait gagner les guerres. Je reviens sur l’éditorial du « Monde », journal plutôt classé à gauche, dont le message me semble clair et réaliste, et dont je partage l’essentiel : « La richesse et l’emploi ne viendront que des entreprises, il convient donc de les aider…Selon le classement du forum économique mondial, la France recule de trois rangs et ne figure même plus dans le peloton des vingt premières économies du monde... Les entreprises vont mal. La production manufacturière reste 5 % en deçà de ce qu’elle était avant la crise…Si les entreprises ferment, c’est à cause de la récession et, aussi parce qu’il n’est plus assez rentable de produire en France. Selon l’INSEE, le taux de marge des entreprises non financières est tombé à 28,6 %, son plus bas niveau depuis 1985. Surtout, il est de 34,4 % outre Rhin et de 38,3 % en zone euro, selon Eurostat…Pour boucler son budget, le gouvernement alourdit la fiscalité des entreprises, augmente la taxation du capital et revient sur la TVA sociale, qui était censée alléger le coût du travail et faire contribuer les importations au financement de la protection sociale. Il est normal de partager le fardeau du redressement, mais ces mesures nuisent à l’attractivité économique française…François Hollande a raison de maintenir les dispositifs existants en faveur des PME et d’annoncer un geste en faveur des entreprises innovantes. Il faudrait aller plus loin ».

 

Au lieu de jouer contre l’entreprise et défendre éternellement les avantages acquis de ceux qui ont un emploi, les syndicats devraient être partenaires de l’entreprise. Seule la CFDT joue un rôle positif et il faut le souligner. Mais, il y a des comportements suicidaires comme ceux des dockers ou des ouvriers du livre, qui, au nom de leurs privilèges acquis, préfèrent la mort de leur entreprise plutôt que le partage. Mais il faut reconnaître aussi qu’un petit nombre de patrons, obsédés par leur fortune personnelle et indifférents à la valeur humaine de leurs collaborateurs, a terni l’image de l’entreprise. En réalité, l’immense majorité des chefs d’entreprise mérite le respect, comme d’ailleurs l’immense majorité des salariés. Ayant été chef d’entreprise pendant plus de 35 ans et ayant animé une véritable communauté de travail de plus de 50 personnes, je sais ce que l’entreprise veut dire au niveau de la solidarité, de l’effort partagé et des résultats partagés. Il faut rappeler à l’ordre nos responsables politiques et syndicaux pour qu’ils suivent une formation accélérée sur l’intérêt général. Il ne faut jamais désespérer des hommes, même s’ils sont responsables politiques, patronaux ou syndicaux !

 

                                                                                Jacques JEANTEUR

 

Publié dans Economie

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Michel 08/10/2012 13:19

Cela fait bien 10 ans, peut-être davantage que l’on nous rebat les oreilles, l’un des premiers et peut-être même le premier : François Bayrou, avec des slogans, à certaines périodes à grand renfort
de spots publicitaires notamment télévisés, pour nous dire que les Petites et Moyennes Entreprises ou Industries (PME – PMI) sont le vivier de l’emploi.

Oui, il faut être fier de nos Petites Entreprises !

Hélas, au lieu de leur permettre de se développer, cela fait tout autant de temps que l’on ne cesse de les assommer, voire de les assassiner.

Je me demand souvent, comment ils font pour s'en sortir ?